Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 16:30

 

 

 

ADOLESCENCEhttp://www.reaap-grandirensemble46.fr/images/Image1.gif

RECONNAITRE LES COMPORTEMENTS A RISQUE



 

L'adolescence est souvent une période difficile pour les jeunes... et pour leurs parents ! Les ados d'aujourd'hui ont-ils changé ? Quels sont les risques qu'ils prennent ? Comment les accompagner au mieux ? Quels sont les signes d'un mal-être ?


Les réponses du Dr Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré (Paris)

 

 




Entre la crise d'adolescence et la recherche d'identité, difficile parfois de comprendre les ados. Si ces comportements sont normaux, ils inquiètent souvent les parents.

L'adolescence, ce n'est pas une maladie ! Certes, il existe des troubles psychopathologiques, comme à d'autres âges de la vie. Mais il ne faut pas confondre l'espèce de blues qu'ont certains adolescents et d'authentiques problèmes graves qui peuvent conduire à des maladies graves voire au suicide.


Pourtant, il est vrai que les adolescents d'aujourd'hui ont changé. Leurs comportements ont évolué, pas forcément dans le bon sens.

Ce qui est nouveau, qui prend de l'ampleur, ce sont les conduites à risques, que ce soient les conduites sexuelles, sportives, les conduites en véhicules motorisés à risques, ou encore le fameux binge-drinking c'est-à-dire de boire jusqu'à tomber dans le coma ...

Ce sont des comportements plus ponctuels autrefois, et qui prennent de l'ampleur actuellement, de la même façon que les "attaques" contre le corps, les piercings, les scarifications, tous ces comportements à risques.


Comment expliquer ces comportements à risque et notamment la consommation de drogues ou d'alcool ? On peut distinguer plusieurs phénomènes.

Dans certain cas, ces consommations reflètent  une véritable souffrance et on se "soigne" comme ça. Mais il y a aussi chez les adolescents des comportements à risques, qui sont des "pour faire comme les autres", pour appartenir à un groupe.


Face à cette prise de risque des adolescents, la réponse des parents n'est pas toujours adaptée.

Beaucoup de parents se disent ce n'est pas grave, c'est la crise d'adolescence. C'est comme ça que l'on passe à côté des choses graves, qu'on peut ne pas voir qu'un jeune est vraiment dépressif. Or la dépression c'est un vrai trouble, qui peut conduire au suicide. Dire devant une fille qui commence un régime  "c'est un petit caprice" alors qu'elle perd 10 kilos, 15 kilos, et flirte avec la mort.

Certes, il ne faut pas dramatiser, la plupart des adolescents vont bien, mais que si un adolescent montre des signes de mal-être, il faut s'interroger sur ce que cela cache.


Difficile de distinguer une crise d'adolescence normale de troubles plus graves. Certains signes sont toutefois   évocateurs.

Le jeune qui ne s'intéresse plus à rien, dont les résultats scolaires baissent, le jeune qui fume du cannabis... Bon, un jeune qui fume du cannabis une fois de temps en temps ce n'est peut être pas si grave. Mais s'il reste enfermé dans sa chambre, qu'il ne va plus à l'école, qu'il n'a plus de vie sociale, ou qu'il est anorexique, qu'il ne mange plus, qu'il ne voit plus de copines... Il faut aussi s'inquiéter quand il y a un retentissement  sur le fonctionnement scolaire, social, et familial. Donc dire "c'est la crise d'adolescence, c'est normal", ce n'est pas normal !

 

 

 

 

COMPRENDRE LES MECANISMES

 

Son corps se faisant sexué, il est en proie à l'angoisse et cherche à être rassuré

Le réel de ce corps en mutation vient basculer tout ce qui s'était ébauché durant l'enfance. La manifestation de ces pulsions l'oppresse, il se trouve noyé par ses émotions et va pour y faire face :

  • s'opposer à l'adulte (réactualisation Oedipienne)

  • répondre avec agressivité (l'autre peut être une menace)

  • transgresser les interdits

  • sombrer dans la mélancolie

 

L'adolescent est en quête de lui même :

  • il adhère à une bande, niant la différence des sexes (exprimant ainsi le déni de la sexualité)

  • il cherche une relation fusionnelle, fortifiant son Moi par idéalisation, c'est une relation miroir

  • il est épris d'élans humanistes, spirituels ou philosophiques, personne ne le comprend, tout est injuste

  • la curiosité l'incite à s'orienter vers l'autre sexe, la vie amoureuse, la création d'un couple

 

Lorsque la tourmente est trop forte, lorsque les parents baissent les bras, lorsque des ruptures affectives, sociales ou scolaires sont venues scander le passé de l'adolescent, ou lorsque la fonction paternelle est altérée ou carencé, que le père ne pose pas la loi, mais sa loi, ou refuse de s'opposer, il se peut que le jeune manifeste son mal être par des conduites à risque telles que la consommation de substances toxiques, les troubles alimentaires, les troubles de la conduite sociale, etc...

Dénonçant un : « Je n'en peux plus; j'ai besoin de m'appuyer sur quelqu'un ou, à défaut, sur quelque chose »

 

 

QU'EST CE QU'UNE CONDUITE A RISQUE

 

les trois variables d'un comportement pathologique

  • si des troubles s'y associent (isolement, dépréciation...)

  • s'il dure dans le temps

  • s'il se répète de façon régulière

 

selon trois groupe d'adolescents :

  • les jeunes adolescents, collégiens, à la recherche d'objets pour tester leur limite : consommation occasionnelles mais excessives de sucreries, alcool, drogue... En groupe !!

  • les lycéens attachés à leur dépendance et rituels. Les relations avec les parents sont au bord de la rupture. Ce sont des consommateurs isolés qui s'associent.

  • Les adolescents engagés dans la marginalité, dont les parents sont totalement dépassés ou absents. Dans ce cas la toxicomanie est sévère, un portage (psychologue, éducateurs, médecins...) devrait lui être proposé.

 

Les conduites à risques sont classées en trois catégories :

  • conduites d'essai et d'exploration : exploration des limites, alors que celle-ci sont déjà intégrées, la mise en danger est minimale

  • conduites d'excès, de dépassement de limites : la de structivités est au premier plan, le risque est important (maladie, coma, handicap, mort). Consommation excessive de drogue ou d'alcool, anorexie, sexualité non protégée...

  • conduites ordaliques (jugement de Dieu): se rapproche des conduites d'excès en laissant le « hasard » décider de l'issue (vitesse, pas de casques...)

 

 

RÔLE DES PARENTS ET DES PROFESSIONNELS :

 

Ils doivent maintenir leur rôle pour le rassurer, le réconforter, l'accompagner sur le chemin de l'autonomisation. Sans sécurité affective ou éducative l'enfant ne peut apprendre à se séparer et se sentira abandonné.

L'adolescent va vérifier à l'extérieur si le discours du rôle paternel de l'enfance tient toujours sur la scène sociale. Par ses démonstrations et comportements, le jeune en appelle au « père », à la loi, à la limite rassurante et protectrice. C'est pour cette raison que l'adulte doit répondre à l'appel, afin de le sécuriser et lui confirmer sa présence et son soutien. La sphère sociale vient donc suppléer la sphère familiale.

 

Si un adolescent est livré à lui même pour décider de ses actes, il sera en proie à l'angoisse d'abandon, à un vide. Il aura besoin de sécurité et aura recours à un objet transitionnel, qui lui, sera toujours là. Il aura le sentiment de pouvoir contrôler sa relation avec lui et la sécurité de sa présence lui permettra de se sentir moins seul.

 

Frustration, conflit, déviation, apparaissent lorsque l'apprentissage ne permet pas une harmonisation suffisante des besoins.

Le déclenchement des conduites pathologiques est le résultat d'une accumulation de facteurs divers :

  • un discours préventif récurrent (l'adulte est celui qui sait !!)

  • une culture familiale incitant à associer fête et alcool

  • une protection maternelle excessive, bloquant l'exploitation créatrice, ou une mère absente psychologiquement

  • une mère anxieuse

  • une mère intrusive et directive

  • une indifférenciation intergénérationnelle

  • un père effacé, laxiste, voire absent, ou autoritariste, irrespectueux

  • un choc psychoaffectif, deuil familial, amoureux, réel ou symbolique

  • la crainte d'être anéanti avec l'objet perdu.....

Partager cet article

Repost 0
Published by Nathalie Bernard - dans Education